dimanche 14 avril 2019

La Vie secrète des écrivains




Titre : La Vie secrète des écrivains
Auteur : Guillaume Musso
Genre : thriller
Éditeur : Calmann Lévy
Nombre de pages : 352
Date de publication : avril 2019
Note : 16/20







Résumé :
« En 1999, après avoir publié trois romans devenus cultes, le célèbre écrivain Nathan Fawles annonce qu’il arrête d’écrire et se retire à Beaumont, une île sauvage et sublime au large des côtes de la Méditerranée. Automne 2018. Fawles n’a plus donné une seule interview depuis vingt ans. Alors que ses romans continuent de captiver les lecteurs, Mathilde Monney, une jeune journaliste suisse, débarque sur l’île, bien décidée à percer son secret. Le même jour, un corps de femme est découvert sur une plage et l’île est bouclée par les autorités. Commence alors entre Mathilde et Nathan un dangereux face-à-face, où se heurtent vérités occultées et mensonges assumés, où se frôlent l’amour et la peur… »

Ma chronique :
Plusieurs publicités à la radio m’ont donné envie de découvrir le dernier opus de Guillaume Musso… et comme j’ai bien fait de céder à la tentation !
Dès les premières pages, j’ai été séduite. En effet, grâce au personnage de Raphaël, toute une interrogation sur ce qu’est la littérature et sur son pouvoir est mise en place. Cet écrivain qui rêve d’être publié va travailler pour un libraire de l’île de Beaumont qui prétend que les gens ne lisent plus de « vraie » littérature, et vont suivre des débats passionnants. Puis des secrets vont parsemer le roman. Pourquoi Nathan Fawles, après avoir été un auteur à succès il y a près de vingt ans, a-t-il choisi de se retirer sur l’île, et de ne plus jamais écrire ni accorder aucun interview ? Par ailleurs, il y a Mathilde, une journaliste suisse, qui semble bien décidée à élucider le mystère Fawles. Et lorsqu’un corps de femme est retrouvé et que toute possibilité de quitter l’île est instaurée, c’est le début d’un malaise grandissant qui prend place au sein des insulaires…
L’intrigue est menée tambour battant et ne souffre d’aucun temps mort, entre les découvertes toujours plus inattendues que le lecteur fait chapitre après chapitre, et les sauts dans le passé qui permettent d’apporter un nouvel éclairage. Guillaume Musso nous propose un thriller de qualité, mais également une réflexion sur la littérature, sur le métier d’écrivain et sur le plaisir du lecteur. Il aborde par ailleurs les thèmes de l’amour, de la passion, les troubles liés à un traumatisme, le mensonge. Les personnages sont eux aussi très intéressants, car on nous dépeint ici des protagonistes travaillés, qui ont une histoire et qui ne sont pas traités de façon manichéenne. Bref, avec La Vie secrète des écrivains, je n’ai pas boudé mon plaisir ! J’ai été surprise plus d’une fois et je dois avouer j’ai à plusieurs occasions été menée par le bout du nez.
Quant à la fin… l’épilogue est tout bonnement incroyable. J’ai adoré ! Je ne m’y attendais pas du tout, et j’ai trouvé ce roman vraiment original et bien ficelé. Guillaume Musso n’est pas un auteur que j’ai beaucoup lu, mais je compte bien y remédier. Et je pense que le prochain titre que je découvrirai sera sans doute La Jeune Fille et la nuit.

dimanche 7 avril 2019

Les Oscillations du cœur




Titre : Les Oscillations du cœur
Auteure : Anne Idoux-Thivet
Genre : Contemporaine
Éditeur : Michel Lafon
Nombre de pages : 332
Date de publication : janvier 2019
Note : 11/20







Résumé :
« Discrète et fleur bleue, la Japonaise Aïko Ishikawa est une designer textile talentueuse. Veuf inconsolable, l’écrivain Jean-Marc Poulain se définit lui-même comme une « ancienne gloire de la littérature ». Quant à la déroutante Angélique Meunier, elle est mathématicienne au CNRS. Que peuvent bien avoir en commun ces trois personnages ? En apparence rien, sauf peut-être leur amour pour de curieux petits jouets vintage appelés culbutos. Par hasard, ils découvrent que certains de ces joujoux renferment de mystérieux messages : « Le phare m’appelle », « Les amants sont des âmes sœurs », « Demain je pars »… Lié par cette étrange trouvaille, l’étonnant trio parviendra-t-il à percer cette singulière énigme ? »

Ma chronique :
Proposé sur Netgalley, j’ai eu envie de tenter l’aventure, du fait de ce résumé promettant un bon moment et de cette couverture qui m’a tout de suite tapé dans l’œil.
Trois personnages vont se croiser au hasard du destin grâce à des culbutos qui dissimulent des phrases étranges. Aïko, une jeune femme japonaise ayant déménagé dans sud de la France ; Jean-Marc, un ancien auteur reconnu dans le monde de la littérature qui a été délaissé par ses lecteurs, et Angélique, une jeune femme autiste brillante mathématicienne. Ce trio devra faire avec ses forces et ses faiblesses : Jean-Marc ne se remet pas de la perte de son épouse Barbara dans un accident de voiture, et Angélique a tendance à dire tout ce qui lui passe par la tête. Ensemble, ils vont voyager dans divers coins de France pour tenter de percer cette mystérieuse énigme.
Cependant, malgré ces protagonistes hauts en couleur, je dois reconnaître que j’ai trouvé ce livre plutôt médiocre. Les ficelles tirées par l’auteure sont parfois un peu trop grosses et faciles, et on se retrouve à des situations qui, certes, permettent de faire progresser la narration, mais qui semblent beaucoup trop arrangeantes pour être crédibles. On assiste ainsi à des rebondissements apportant un certain discrédit à l’histoire, et j’ai fini par perdre de l’intérêt pour ma lecture au fur et à mesure que j’avançais dans les chapitres. En revanche, j’ai été très émue par le personnage d’Angélique, qui use de trucs et astuces pour parvenir à s’intégrer dans la société. Elle est très touchante lorsqu’elle s’emballe pour cette recherche autour du mystère des culbutos, car grâce à eux, elle dit qu’elle a enfin de vrais amis pour la première fois de sa vie. Elle est également amusante du fait de certaines de ses réactions, mais aussi de celles de ses proches. Le tout est porté par une écriture fluide et des chapitres courts.
Je ressors, pour ma part, dubitative de la lecture ce roman. Certes, l’idée des culbutos était originale, mais je ne pense pas que cette histoire restera longtemps gravée dans ma mémoire de lectrice…

dimanche 31 mars 2019

Une bouteille dans la mer de Gaza




Titre : Une bouteille dans la mer de Gaza
Auteure : Valérie Zenatti
Genre : Jeunesse
Éditeur : L'École des loisirs
Nombre de pages : 224
Date de publication : juin 2016
Note : 17/20







Résumé :
« Tal a dix-sept ans, des parents et un frère qu’elle adore. Elle rêve de devenir pédiatre ou cinéaste, elle n’a pas encore décidé. L’avenir lui semble insaisissable, peut-être parce qu’elle vit à Jérusalem où les attentats se succèdent et peuvent ôter la vie à n’importe qui, n’importe quand, à la terrasse d’un café, dans un bus ou un centre commercial. Un soir de septembre, un attentat-suicide a lieu près de chez elle, tuant une jeune fille qui devait se marier le lendemain. Les questions se pressent dans la tête de Tal : comment peut-on se faire exploser au milieu de gens ? Et pourquoi ? Elle veut savoir. Elle veut comprendre ce conflit commencé avant sa naissance, elle veut connaître cet “ennemi” palestinien dont elle ne sait rien. Parce qu’elle croit au pouvoir des mots, parce qu’elle ne supporte pas de laisser gagner la haine, elle écrit une lettre, la glisse dans une bouteille et la confie à son frère Eytan, qui fait son service militaire à Gaza. Dedans, elle a noté son adresse électronique. Une correspondance vertigineuse s’engage alors avec un mystérieux “Gazaman”... »

Ma chronique :
J’ai découvert ce roman grâce à cette vidéo de Pikiti, et j’ai eu dès lors très envie de le lire. C’est désormais chose faite, et je ressors de ce livre avec un mélange de tristesse et d’espoir.
Nous faisons la connaissance Tal, une Israélienne de dix-sept ans qui demande à son frère aîné, un militaire envoyé à Gaza, de lancer une bouteille dans la mer pour elle, désirant avoir l’occasion de communiquer avec une Palestinienne. Elle souhaiterait par ce biais mieux comprendre qui sont ceux qu’Israël présente comme leurs ennemis, persuadée qu’ils ont bien plus en commun que la haine véhiculée par le pouvoir en place. Mais c’est un jeune homme qui va trouver cette bouteille, répondant au surnom de Gazaman, et naît ainsi une correspondance entre les deux individus.
Tout d’abord, ce livre est très bien fait, car il explique dans les grandes lignes la genèse du conflit israélo-palestinien. J’en sais désormais plus sur ce qui se passe dans la bande de Gaza, grâce à des informations distillées tout au long du récit. Mais loin d’un ouvrage d’histoire, cela est relaté par le biais des témoignages de nos deux protagonistes, qui vivent continuellement sous la menace des attentats. Ils n’ont pas été éduqués dans la haine de l’autre par leur famille, et même si les premiers échanges sont quelque peu compliqués du fait de Gazaman, qui va pendant longtemps taire son identité, une forme de lien va se créer. Au début, c’est surtout Tal qui parle d’elle, se confiant à son correspondant qui ne manque pas une occasion de railler ses propos, mais finalement, ils vont beaucoup s’apporter.
Une tension présente tout au long du roman malmène les personnages, mais aussi le lecteur. En effet, lorsque l’un ou l’autre cesse d’écrire pendant plusieurs, est-ce car il est occupé, qu’il a eu des impondérables, ou parce que la mort l’a enlevé au coin de la rue ? Et comment parvenir à devenir un individu, à faire des projets, quand on ne peut pas être sûr que demain aura lieu ? Cet ouvrage apporte de nombreuses réflexions, portées par une écriture qui se fond derrière les personnages tant et si bien que l’on pourrait les croire réels. Mais, à n’en point douter, des milliers de Tal et de Gazaman existent bel et bien. Ainsi, c’est aussi un message d’espoir que nous livre ici Valérie Zennati.